C'est de musique que je vais t'entretenir aujourd'hui, ami lecteur. De musique baroque.
Quel rapport avec la social-démocratie, me diras-tu ? Attends la fin de l'article et tu verras.
Ami lecteur, en intellectuel intéressé par le cinéma qui a quelque chose à te dire, tu as vu le film Tous les matins du monde, d'Alain Corneau. Si ce n'est pas le cas, regarde-le maintenant et
reviens ensuite. Rappelle-toi, le jeune Marin Marais interprété par Guillaume Depardieu arrive chez Monsieur de Sainte Colombe, compositeur janséniste et rigoriste pour apprendre l'art de la viole.
Sainte Colombe est d'ailleurs interprété par un Jean-Pierre Marielle au mieux de sa forme, au moins autant que dans La Controverse de Valladolid. A voir aussi, au passage.
Sainte-Colombe se laisse convaincre par sa fille (Anne Brochet, éblouissante) d'écouter le jeune musicien et lui demande d'improviser sur les Folies d'Espagne. Celà donne un court
enchaînement d'un thème et de deux variations. LA BO est interprétée par Jordi Savall.
La Folia, ou Folie d'Espage, serait un des plus vieux thèmes musicaux européens. L'histoire, ou la légende, dit qu'elle est inspirée d'une danse populaire espagnole, d'où son nom.
Voici le thème :
Cliques sur la portée, tu auras un aperçu extrait de la BO de Tous les matins du monde. (la portée vient de Wikipedia, article La Folia)
Ce thème a été repris par de nombreux musiciens, dont un de mes compositeurs baroques préférés, Archangelo Corelli. La Folia clôt les sonates pour violon de l'Opus V, dont on trouve un excellent
enregistrement par Andrew Manze, acompagné au clavecin par Richard Egarr.
Un extrait ici de la Folia de Corelli, le thème
au clavecin. (publication Harmonia Mundi). Corellil a composé vingt-quatre variations sur le thème, sans compter toutes celles qui n'ont jamais été improvisées, selon la mode de l'époque, mais
jamais retranscrites.
Mais Corelli, en grand musicien, avait des élèves. Parmi eux, Francesco Geminiani qui, en hommage au mâitre, a composé une version orchestrale de tout l'Opus V, Folia comprise. Cette version
est une vraie merveille, particulièrement dans l'enregistrement de l'Academy of Acient Music, sous la direction de Manze, toujours lui. Manze dont certains critiques disent qu'il joue du violon
baroque comme le ferait un tzigane, et il faut le prendre comme un compliment.
Ici un extrait de cette version, le thème.
(publication Harmonia Mundi)
A noter que Jordi Savall a aussi enreigstré la Folia de Corelli dans son entier sur un disque consacré à ce thème, La Folia 1490 - 1701 (Chez AliaVox). Su ce même disque, une autre Folia espagnole,
que je te laisse découvrir, ainsi que les 32 variations composées par Marin Marais. A découvrir, assurément.
Ecoute la Folia, ami lecteur. Les racines de l'Europe sont au moins autant là-dedans, si ce n'est plus, que dans un pseudo-héritage chrétien invoqué par notre Sarkozy premier. Et plutôt que de
faire parrainer un enfant mort durant la Shoah par les zenfants des écoles, on ferait mieux de donner l'occasion à chaque gamin de découvrir de telles merveilles musicales. Il est là, le rapport à
la social-démocratie, ami lecteur. C'est à nous de faire le pari de l'intelligence éduquée contre l'émotion compassionnelle, à nous d'apprendre à nos enfants à connaître le beau et à savoir
l'apprécier, plutôt que de les faire chialer sur des responsabilités trop grosses à porter pour eux. Pour mes propres gosses, je n'ai pas d'inqiuétude. mais tous n'ont pas la chance d'avoir un papa
et une maman capables de leur parler de Mozart ou de Bourdelle.
La route est encore bien longue, mais il y a toujours de l'espoir.
Bonne journée, et mort aux cons.
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