Je suis donc venu bosser ce lundi de Pentecôte. Je passe sur les motivations de cette 'journée de solidarité avec les personnes âgées et handicapées' pour constater que c'est du grand n'importe quoi. Finalement, cette journée, elle est chômée ou pas?

Dans le métro ce matin, personne. Au boulot aujourd'hui, personne ou presque. Finalement, c'est plutôt la journée de la grande inégalité entre ceux qui bossent et ceux qui ne bossent pas, ceux qui sont obligés de poser un jour de congé pour garder leurs enfants et ceux dont l'employeur a décidé que ce serait une journée chômée.

Et qu'on ne vienne pas me dire que je suis amer parce que dois bosser alors que d'autres gnia gnia gnia, j'en ai rien à foutre. J'aime mon boulot, et je le fais avec plaisir, même si je reconnais honnêtement qu'une journée de plus avec ma famille ne m'aurait pas fait de mal. Simplement, j'aimerais qu'on arrête de se foutre du monde et de prendre prétexte de la solidarité-prout-prout pour faire n'importe quoi.

Solidarité? Mon cul...

Et c'est un handicapé à 80% qui le dit.
Merde quoi!


Complément  : extrait d'un article de Libé de ce jour :
"Mais, en fait, près de six Français sur dix (59 %) ne travailleront pas aujourd'hui, principalement parce que leur entreprise ou leur administration sera fermée ce jour-là, selon un sondage Opinionway-Relaxnews. Pour la majorité des salariés du public (73 %) et des cadres (54 %), cette journée sera chômée. Mais beaucoup de Français travaillant pour leur compte (61 %), de salariés du privé (52 %), d'agriculteurs, d'artisans et de commerçants (72 %) bosseront."
Lundi 28 mai 2007

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Quand je lis que certains députés se présentent pour un huitième mandat, je me demande comment leur parti peut être audible (je ne parle même pas de crédibilité) à propos de la rénovation de la vie politique.
Mercredi 23 mai 2007

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Encore un petit coup de griffe pour faire avancer la machine à réfléchir :

Il est quand même extraordinaire que la première femme "issue de l'immigration" (même si elle rejette le qualificatif de 'beurette de service') à accéder à un ministère régalien soit ministre d'un gouvernement de droite....

Qu'ont fait nos éminences de gauche pendant toutes ces années?
Il faut remonter au gouvernement Bérégovoy entre 92 et 93 pour trouver un Kofi Yamgnane, et encore Secrétaire d'Etat à l'intégration, dernier dans l'ordre protocolaire.

Et après on s'étonne....
Lundi 21 mai 2007

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... ou le niveau zéro de l'argument politique.

Je lis dans la presse que le Ps, par la voix de son premier secrétaire, hurle comme si on lui coupait un bras à propos du débauchage de Kouchner et Jouyet (je ne parle pas du traître Besson, déjà évoqué dans un billet précédent).

Or, si on veut bien prendre un brin de distance, que fait Sarko? Ou encore, que fait-il de plus que Mitterand et Rocard en 1988, sinon de débaucher des personnalités, des individus? A l'époque, le parti trouvait cela normal et s'en félicitait.

Poussons le raisonnement. Imaginons la situation inverse : Royal à l'Elysée, et (mettons) DSK à Matignon, pour ne pas dire Bayrou. Dans un souci d'ouverture, ils appellent quelques ministres de droite au gouvernement. bon, évidemment pas Copé ni Hortefeux ou Devidjian, non, des gens fréquentables. Mettons Corinne Lepage, Xavier Darcos, Jean-Louis Borloo ou Hervé Morin. Que dirait le PS et son premier secrétaire? Que c'est pas bien, qu'il ne faut pas siphoner la droite? Qu'il faut laisser des contre-pouvoirs? Allons allons, un peu d'honêteté. François Hollande se féliciterait de la clairvoyance de ces transfuges, qui auraient compris qu'en appartenant à ce gouvernement ils pourraient faire acte de réforme et participer au redressement de la France.

Encore une fois, je ne suis pas Sarkozyste, je vomis sur ses idées et sa conception de l'homme et de la société, et je ne le soutient en aucun cas. Mais force est de reconnaître qu'il a magnifiquement bien joué son coup. Et que le débauchage de quelques socialistes et les cris d'orfraie qui s'ensuivent en disent beaucoup plus long sur l'état LAMENTABLE du PS (mais vraiment LA-MEN-TABLE) que sur quoi que ce soit d'autre. Car finalement, que peut proposer le PS actuellement, si ce n'est de contrebalancer le pouvoir de la droite? Que dalle. Pas la moindre amorce de réflexion programmatique, pas d'éclaircissement sur le choix nécesaire entre la ligne fabiusienne et la ligne sociale-démocrate, pas de positionnement sur l'Europe, rien, nib de nib, queue de cerises et silence radio. Alors, François, continue de gueuler comme un putois qu'on égorge à propos de Kouchner si tu veux, mais pendant ce temps-là, la réflexion au sein du parti n'avance pas.

Je suis sévère ? Oui. Et j'assume. J'aime la gauche, j'aime les idées de gauche, les GRANDES idées de gauche, le libéralisme politique, l'idée de citoyennenté, je crois au pouvoir de l'éducation, je crois encore en Liberté-Égalité-Fraternité plutôt qu'en Travail-Mérite-Famille-Patrie. Mais ça me gonfle prodigieusement de voir que ces grandes idées sont aujourd'hui (mal) portées par des ventres-mous incapables de construire une vision du monde un tant soit peu en phase avec le monde tel qu'il est, et qui n'a plus grand'chose à voir avec celui de 1981.

Lundi 21 mai 2007

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J'ai reteni de ma lecture des livres de Robert Badinter (L'exécution, puis L'abolition) que tout un chacun a droit à une défense, même le pire criminel. Alors je veux me faire ici l'avocat de Kouchner. La comparaison avec Badinter s'arrête là, je n'ai pas son talent oratoire, et je n'aurais certainement pas sa force de conviction.

Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes dans un gouvernement de droite? Pourquoi pas?

Kouchner a toujours été une sorte d'OVNI à gauche. Entré en politique à l'occasion des événements divers qui ont précédé Mai 68, entre autre la guerre d'Algérie. Ironie goûteuse, d'ailleurs, de voir Sarko appeler un soixantehuitard patenté comme Kouchner dans son gouvernement après avoir appelé à liquider 68, mais passons. Cofondateur en 71 de Médecins sans Frontières, Bernard Kouchner connaît le bruit des balles pour avoir opéré sur le front et inventé la médecine et l'ingérence humanitaire au Biafra. On peut lui reprocher un côté "show" (un tiers-mondiste, deux tiers mondain disent ses détracteurs), le coup du sac de riz en Somalie etc. N'empêche qui lui était sur le terrain quand d'autres se contentaient de gloser dans les salons parisiens. L'apport de Kouchner à la société dans laquelle nous vivons est indéniable. Sans lui et quelques uns comme lui, le monde ne serait pas tout à fait le même et la notion d'engagement ne couvrirait pas les mêmes idées.

On le dit sioniste. Est-ce mal? Non. Bernard Kouchner reconnaît à l'état d'Israel le droit d'exister (moi aussi), je ne vois pas le problème, d'autant qu'il ne s'est jamais caché quant à son soutien à l'existence d'un état palestinien (moi non plus). Mais l'anti-sionisme en tant que cache-sexe de l'antisémitisme reste bien vu dans certains cercles de ce côté-ci de l'échiquier politique. Hélas, mais bon. Passons.

On lui reproche d'avoir soutenu l'idée d'une intervention en Irak. Je veux voir ici aussi le point de vue de l'humanitaire, qui peut légitimement avoir espéré y voir une solution aux souffrances du peuple irakien. Son idée était Ni la guerre, ni Saddam, et c'est bien là la marque de l'humanitaire qui souhaitait pouvoir soulager le peuple irakien. Il s'est trompé? Peut-être... A ce sujet, je me garderais bien de lui jeter la pierre. L'irak est un tel bourbier que je me demande encore comment les beaux penseurs peuvent encore porter des jugements tranchés sur la question. Tout au plus peut-on considérer que l'opération US n'est pas un succès, et peut-on déplorer l'exécution sommaire de Saddam. Kouchner n'a pas tari de reproches à l'égard de l'administration US à propos de la façont dont l'intervention a été menée. Il était pour une intervention, mais pas comme çà. Qui oserait le lui reprocher? On préfère peut-être laisser Saddam en place? Au nom de l'anti-américanisme, que de conneries monumentales n'a-t-on pas racontées à gauche...

Alors, aller au gouvernement ou pas?

La réponse lui appartient, évidemment. on peut le déplorer en disant qu'un homme de gauche n'a rien à faire dans un gouvernement de droite. Je ne peux m'empêcher au passage de penser à ce qu'ont dit les mecs de droite lorsque Mitterand et Rocard ont débauché des centristes en 1988. Durafour, Stoléru, Durieux et Dorlhac ont-ils eu à subir un tel déchaînement ? Passons, la situation actuelle a plutôt à voir avec les rapports qu'entretient la gauche avec Bernard Kouchner. Il y a quelque chose qu'on ne lui pardonne pas, qu'on ne lui a jamais pardonné. Son côté donneur de leçons peut-être? A mon avis il faut chercher ailleurs. Je tendrais à penser que Kouchner renvoit à la gauche l'image de sa culpabilité à se compromettre dans l'action. 0 gauche, on aime bienf aire des discours, mais se confronter à la réalité est plus douloureux. Kouchner s'est régulièrement confronté à la réalité et a su en enrichir son discours. C'est probablement ça qu'on ne lui pardonne pas, de ne pas rester pur idéologiquement. C'est une idée qui m'est venue en relisant ce texte, elle demande à être creusée.

Je vois dans la participation plutôt une volonté de faire de la part de Kouchner. Je pense ainsi au Darfour, par exemple, mais les conflits ne manquent pas sur la planète où il pourra faire entendre sa voix. Peut-être se trompe-t-il, on verra s'il peut faire ou pas dans le gouvenement Fillon. Et je suis à peu près sûr qu'il claquera la porte si on lui met des bâtons dans les roues. Mais je demande qu'on le juge sur pièces avant de l'accabler.
Enfin, je ne peux m'empêcher de penser que la sur-réaction des socialistes en général et de Hollande en particulier n'est qu'un rideau de fumée bien utile pour masquer les problèmes internes. Il vaut mieux hurler sur Kouchner, comme ça les gens ne regardent pas ce qui se passe au PS.

Enfin, à l'inverse de mon ami Marc qui met tout e monde dans le même paquet, je fais une différence fondamentale entre Kouchner et Besson. Besson est un traître, la cause est entendue. Je tiens à son sujet des propos que je ne souhaite pas mettre par écrit, mais je n'ai que du mépris pour le personnage.
Kouchner, en revanche, n'a pas trahi Royal pendant la campagne, et il l'a soutenue jusqu'au bout. Son appel à la discussion avec Bayrou joue, à mes yeux, en sa faveur. Tout au plus a-t-il eu raison trop tôt. Mais il n'a pas trahi, contrairement à Besson. Kouchner n'est pas un traître. Il exprimera, j'espère, les raisons qui l'ont poussées à accepter ce poste de ministre de Fillon.
Enfin, peut-être la gauche devrait-elle s'interroger sur la façon dont elle traite les siens, particulièrement ceux qui ne rentrent pas parfaitement dans le moule. Kouchner a toujours eu des relations difficiles avec le PS, mais le PS a toujours eu des relations difficiles avec Kouchner.

Qu'il soit bien clair que je ne souhaite pas apporter un soutien sans faille à Bernard Kouchner, mais je demande à ce qu'il soit jugé sur ses actions en tant que ministre des affaires étrangères. Si grâce à lui, nous revenons dans une dynamique européenne, s'il parvient à faire avancer les choses au Darfour, il aura eu raison.





A lire : Génération, d'Hervé Hamon et Patrick Rotman.
Vendredi 18 mai 2007

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