J'inaugure aujourd'hui une nouvelle catégorie, "Promotion gratuite", par un billet sur un nouveau site, Trashion.fr.

Alors le Trashion, comment ça marche ?


Trashion
est la contraction de trash (déchets) et fashion (mode). Les nombreux déchets que nous créons n'ont plus aucune valeur marchande, mais ils peuvent encore avoir une valeur d'usage... pour peu que l'on sache leur redonner un peu de vie, les rendre attrayants ou, tout simplement leur trouver une nouvelle fonction.

On a vu ainsi des créateurs de mode et d'accesoires fabriquer des sacs top tendance à partir de
bannières publicitaires ou de bâches de camions usagées. Des fauteuils design à partir de bidons d'huile découpés. Des lampes à partir de moules à gauffres etc. L'imagination au pouvoir !



Parti de Nouvelle Zélande, le mouvement Trashion se répand à travers le monde. Quelques créateurs se lancent en France.
Parmi eux, Valérie Buffet. Elle vient de mettre en ligne son site,
Trashion.fr, sur lequel elle présente quelques unes de ses créations (on peut passer commande).
On y trouve des
robes de princesse et de marquise faites à partir de textiles de récupération, des fringues d'enfants redessinées ou créées à partir de matériaux de récup', mais aussi tout un travail de revalorisation artistique sur les encombrants. Ainsi, des meubles qui étaient destinés à devenir du petit bois ont été récupérés sur les trottoirs ou dans les bennes pour reprendre des couleurs et retrouver un usage. J'adore particulièrement la chaise léopard et la chaise galva !

L'intérêt de
sa démarche est qu'elle redonne une utilité aux objets auxquels nous n'en accordons plus, mais avec une plus-value créative et artistique, très affirmée.

En un mot comme en cent, une artiste à découvrir et une démarche à encourager ! Le site sera régulièrement mis à jour, à suivre donc.


[PS Merci à Gaël de
DeToutDeRien qui nous avait signalé cette intéressante vidéo]


Mercredi 28 mai 2008

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Après Dorham, Gaël et Marc, Daud et Nicolas, et d'autres que j'oublie de citer et à qui je demande de me le pardonner, ma version des faits.



Chier, y a rien aujourd'hui. Que des trucs pourris. Des patates germées. Quand t'as rien pour les faire cuire, t'as l'air con avec tes patates germées. Si encore y avait une ou deux tomates trop mûres, ou un demi  concombre. Des carottes, ça encore on peut les manger crues. Mais les patates, qu'est-ce que tu veux que j'en foute, moi, des patates.
Un coup de rouge pour me réchauffer.
Bon, l'autre tas, voyons.
Putain, elle me fait mal cette jambe de merde. Faudrait quand même que je la montre à quelqu'un. Mais si je vais dans leur putain de centre d'accueil ou d'hébergement, chais plus, ils vont encore vouloir me garder. Ah ça, jamais. La dernière fois, y a un enculé qui m'a tiré mes grolles. Ouais, mes grolles. Putain. Elles étaient pourries, mais elles protégeaient encore un peu. Vais finir à poil si ça continue. Par ce temps...
Bon, y a quoi ici ?
Une carotte.
Une pomme. Si j'enlève la moitié pourrie, le reste est encore bon.
Des feuilles de salade. Ça ira.
Putain.
Les marchés, ça devient dur. Paraît que maintenant, il y en a qui vont jusqu'au MiniPrix pour faire les poubelles. Joseph, il dit qu'il y a même vu des femmes avec des gosses. Au début c'était des Roumaines ou des Kosovares ou des machins comme ça, maintenant y parait qu'il y a même des gauloises. Avec des gosses, j'te jure.
Putain, ma jambe, merde !
Ouais, le Miniprix....
Bon, j'ai mes légumes. Me faudrait de la viande. Je vais aller voir si Larbi a sorti ses bacs. Faut être précis, il les sort juste avant que le camion du fondeur de suif vienne les prendre. Des fois, tu trouves des os avec encore un peu de viande dessus. Faut gratter, mais c'est toujours de la viande. De toute façon, tout ça c'est fondu pour récupérer la graisse, alors autant qu'elle soit pour moi, j'en ai pas de trop.
Putain, ma jambe. J'ai mal, nom de Dieu. Faut quand même que je la montre à quelqu'un.
Un coup de rouge pour faire passer la douleur. Oh, un mégot ! Putain, y a des riches qui fument pas leur clope jusqu'au bout... Il est éteint, merde, et j'ai pas de feu.
Eh, t'as pas du feu, s'te plaît ? Va te faire foutre, eh, connasse !
T'as pas du feu, s'te plaît ? Merci, t'es sympa. J'peux te prendre un clope aussi, pour après ? Merci, t'es royal. Ouais, bonne journée toi aussi.
Pourquoi y'm'dit bonne journée, ce con ? Il voit pas dans quel état je suis ? Putain, seulement trois ans dans la rue et déjà une loque.
Bon il a quoi, Larbi, aujourd'hui ? Des os, des os, des os. Du bœuf et du mouton. Pfff, c'est fort, le mouton. Surtout quand t'as rien pour le faire cuire.
Quand je pense que les salauds qui vont au MiniPrix, ils ont les charcuteries et les fromages juste périmés. Salauds.
Faudrait que je me trouve un bout de pain. Ce salaud de boulanger, il en donne jamais, et y en a pas dans ses poubelles, il les revend à je ne sais pas qui. Paraît que c'est un fabricant d'aliment pour bestioles. Je passe après les bestioles, bordel. Chier.
Putain, cette jambe de merde, elle va encore m'emmerder longtemps ?
Au MiniPrix, ils ont du pain frais tous les jours. Enfin frais... du matin, quoi. Pas vendu le soir, hop, à la benne. Les salauds.
Où j'vais trouver du pain, maintenant?
Le MiniPrix, j'peux pas y aller, avec ma jambe qui me fait mal. C'est à Anglade, dans la zone commerciale. Avec tous leurs contrôles dans le métro et les flics de Vigipirate (vigi mon cul, ouais), ils me repèrent tout de suite et comme je ne peux pas courir...
Comme je ne peux pas faire les poubelles du MiniPrix, je fais celle du marché.
Oh, trois bananes... Ca remplacera le pain.
Super...
Peux pas aller faire les poubelles du supermarché, je fais les super-poubelles du marché. Hahaha, elle est bonne celle-là !
Allez, un coup de rouge pour mon jeu de mots.
Putain, ma jambe...


[
image]
Vendredi 23 mai 2008

Voir les 8 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : In the mood - Communauté : Communauté de l'opposition

[Merci à Nick pour le titre.]

Le billet d'hier a suscité quelques réactions et a participé à un vif échange avec d'autres écrits.

Un petit tour d'horizon permettra de récapituler tout ça (et de rendre la politesse à ceux qui m'ont linké - ou pas).

Dans le désordre :

L'article qui m'a fait réagir, chez Marc Vasseur :Delanoë est Libéral…

Vive Antoine B ou le libéralisme bien expliqué Chez Jegoun

Delanoë est-il libéral ? chez Dagrouik

Delanoë: le socialisme est-il un libéralisme? Chez Maxime Pisano

Social-libéral… si vous voulez chez Marc Vasseur

Delanoë, libéralisme, mots chez Jegoun (l'annexe)

Libéral... est-ce une si bonne idée? chez Pire Racaille

 

A compléter. Si j'en ai oublié, merci de le le signaler gentiment, sans crier :-)



Jeudi 22 mai 2008

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Politica - Communauté : Communauté de l'opposition
Chers camarades, cher Marc,

Tu publies aujourd'hui, ami Marc, un article intitulé Delanoë est libéral. Plutôt que d'inonder ton blog de commentaires, voici ma réponse. J'espère qu'elle ouvrira un peu les termes du débat.

Je n'ai pas lu le bouquin en question, ni aucun article qui s'y rapporte.  A la limite, j'en ai rien à battre de BD ou d'un autre. Cependant, une petite remarque.

Ce n'est pas parce que des mecs comme Madelin ou Devidjian se disent libéraux qu'il faut leur laisser le mot.

Etre social-démocrate, c'est quoi ? C'est reconnaître la plus grande liberté "politique" possible à l'individu tout en veillant à ce qu'elle n'entrave pas celle des autres. Ca se manifeste par la liberté de pensée, de conscience, de vote, d'expression, etc etc. Je suis libéral philosophiquement, donc politiquement. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen est un texte "libéral", et c'est un beau texte. Nos démocratie européennes, mais aussi les Etats-unis, le Canada, le Japon et même Israël (je vais me faire des copains, mais j'assume) sont des états libéraux. Les citoyens votent et leur vote est pris en compte. on y garantit tant bien que mal les libertés publiques (nuances locales) et ceux qui ne sont pas d'accord ont le droit d'ouvrir leur gueule sans finir au mieux en taule, au pire pendus à un croc de boucher.

Corollaire, ces états ne sont pas des économies dirigées. La liberté d'entreprendre y est garantie, ce qui est un bien. Personnellement, je n'ai rien contre l'idée de créer une entreprise vouée à faire du profit, tant que cette idée n'a pas pour conséquence immédiate l'exploitation du salarié. Je ne reviens pas sur l'aliénation du travail, car je conçois le principe du salariat comme un échange (comme modèle d'échange, encore faut-il que les termes de l'échange soient équitables, mais j'y reviens plus loin). Précision, je suis moi-même salarié. Je viens donc fournir mon travail en échange d'un salaire qui, s'il n'est pas mirobolant, me permet de faire vivre ma famille et de m'assurer quelques menus plaisirs lors de mes temps libres (et passez moi l'expression temps libre, je n'ai pas dit que je n'était pas libre sur mon temps de travail...).

Nous vivons donc dans des etats libéraux (garant des libertés individuelles) et dans des économies libres dans lequelles chacun est libre (en droit) de créer, de produire et de vendre. Concrètement : j'apprécie d'avoir le choix quand j'achète mon dentifrice, mais aussi mon journal ou ma bagnole. Si je veux lancer un nouveau journal ou un nouveau dentifrice, je peux le faire (en droit, parce j'ai pas les moyens...). Et cette liberté est fondamentale.

Alors évidemment, l'égalité des termes de l'échange est un idéal. Le patron sera toujours le patron et je serai toujours l'employé. J'ai besoin qu'il me donne du boulot, mais lui n'a pas besoin de moi (encore que, dans mon cas particulier, ça se discute). Dans une situation de chômage élevé (au dessus d'un taux minimum structurel que j'évalue à la louche à 4 ou 5%), l'employé ne fait pas trop le difficile quand on lui propose un emploi. Les abus de cette situation n'entrent pas dans le cadre de cet article, ce n'est pas pour autant que je les ignore.

Evidemment, nous nous sommes donnés des gardes-fous contre les possibles dérives (des lois pour encadrer nos libertés) et des moyens de correction contre les conséquences de l'inégalité des termes de l'échange (l'état-providence).

Tout celà, pour moi, est un système politique libéral. Idéalement, il devrait être selon la formule de je ne sais plus qui (Cohn Bendit?) "socialement libertaire", c'est à dire garantissant la plus grande liberté possible dans la façon de mener sa vie privée (orientation sexuelle, philosophique, religieuse etc, garantissant la possibilité de se marier avec qui on veut -il ou elle-, de prendre du plaisir avec qui on veut et qui veut bien aussi -il ou elle aussi- et de croire en ce qu'on veut -du moment qu'on n'impose pas sa croyance à son voisin).

Cherrs camarades, la définition qu'on donnera au mot "libéralisme" a aussi une autre dimension pour nous, gens de gauche.
Car c'est - entre autre - sur les questions abordées supra que s'est fondée la distinction entre ce qu'on a appelé 'la deuxième gauche' et la 'première gauche' (nommée ainsi, ô ironie, par opposition à la deuxième).  L'opposition entre les marxistes ou marxisants et les libéraux. Ce n'est d'ailleurs pas un étonnement que de voir l'extrême gauche et tous les "alters" (altersmondialistes, altersouverainistes et autres) se dire anti-libéraux. Ils sont héritiers du courant marxiste-léniniste, dont on sait maintenant que l'émanation politique - la dictature du prolétariat - n'a jamais produit de régimes fondés sur les libertés publiques. Hélas, me direz-vous, mais c'est encore un autre débat.

Maintenant, au nom de cette liberté, la droite dite "libérale" a prôné une forme de libéralisme économique par lequel elle vise à abolir les mécanismes de régulation dont je parlais ci-dessus, au nom de la suprématie de la liberté d'entreprendre sur tout le reste. Logique, elle soigne son fonds de commerce, petits commerçants et artisants, entrepreneurs divers et variés qui cherchent à augmenter leur gain en réduisant leurs dépenses (compression de la masse salariale, mais surtout limitation drastique des charges parmi lesquelles la contribution au bien-être commun -l'impôt et les taxes).

Nous, gens de gauche, ne devons pas nous laisser prendre par cette escroquerie intellectuelle, qui consiste à faire croire que le libéralisme n'est que la liberté du patron. Le libéralisme économique vu de cet angle n'est que la liberté du renard libre dans le poulailler libre. L'égalité des termes de l'échange n'est plus garantie, les droits par conséquent non plus. Ce n'est pas un système "politiquement libéral", mais "économiquement dictatorial".

Redonnons au beau, au joli mot de libéralisme (Tocqueville ! Montesquieu ! Benjamin Constant !) le sens qu'il ne devrait jamais perdre, et ne le cédons pas à la droite. Ces gens-là sont incultes et manient les mots et les noms (Jean Jaurès, Léon Blum, Guy Môcquet... ) sans savoir ce qu'ils signifient.

Non, "libéral" n'est décidémment pas un gros mot.

[EDIT] on lira aussi avec intérêt
l'article de jegoun sur la question. Je souscris à son propos.
Mercredi 21 mai 2008

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Hier, ami lecteur, je te faisais découvrir un reportage diffusé par France Inter dans l'émission Un temps de Pauchon, dans laquelle est interviewé Alain, jeune instituteur en proche banlieue parisienne.

La suite a été diffusée hier soir. Tout le monde n'étant pas encore familier du podcasting et de la radio en ligne, je te propose, ami lecteur , la suite de l'interview dans le petit lecteur ci-dessous.

free music


Alain n'est pas syndiqué, il n'a pas de passé militant "engagé", mais il n'accepte pas les perspectives qui lui sont proposées ni les conditions dans lesquelles on lui demande de remplir sa mission sans en donner les moyens. Certains n'hésitent pas à envisager la suppression pure et simple de l'école maternelle, pour la remplacer par des structures d'accueil privées ou para-municipales (avec tout ce que ça implique comme inégalités entre les communes), d'autres tentent d'instiller dans l'esprit des parents que la maternelle n'est qu'une garderie "plus", comme en témoigne les récentes tentatives d'instaurer un service minimum, répandant ainsi l'idée que si les profs ne sont pas là, n'importe qui peut faire leur boulot à leur place.

Alain a roulé sa bosse auparavant, entre les tours de bureaux de grandes compagnies pétrolières et les jungles de l'Asie du Sud-Est ou de l'Afrique équatoriale. C'est un jeune prof, mais ce n'est pas un bleu, il a de la bouteille et de la réflexion. S'il s'est engagé dans l'Education nationale, c'est parce qu'il y croit et qu'il a la foi en son métier. Il me semble même qu'il parle de mission au service de la République. Un hussard, en quelques sortes, ou un missi dominici.

Les gens comme lui sont pour de nombreux enfants les premiers contacts avec la francophonie, ce qui est important, mais aussi et surtout avec la République (R majuscule, s'il vous plaît, Liberté Egalité Fraternité et tout le toutim) et les règles de vie commune. Alain dit lui-même qu'il forme des (futurs) citoyens avant même de faire de bons élèves, tranchant ainsi fondamentalement avec la nouvelle lubie de recentrage sur les apprentissage fondamentaux que sont censés être la lecture et le calcul. Comme si vivre ensemble n'était pas le fondamental absolu... On se demande dans quel monde vivent nos gouvernants, et s'ils ont mis les pieds dans une école de banlieue récemment pour autre chose que pour y faire cesser une prise d'otage devant caméras et micros.

Le combat d'Alain, s'il peut paraître à certains être un combat "de niche" (pfff, la maternelle, franchement, hein...), mérite cependant beaucoup plus que notre attention compatissante ou distraite. Il mérite notre soutien plein, entier et sans hésitation. Car en s'attaquant à l'école (qui plus est l'école maternelle, la plus faible et la plus facile à abbattre), c'est tout l'édifice de nos valeurs républicaines qu'on fera chanceler.
Certes tout n'est pas parfait. Certes l'école laisse encore trop d'enfants sur le côté de la route. Mais ce n'est pas en la démantelant qu'on y remédiera. C'est donnant à des gens comme Alain les moyens de mener à bien leur mission.

Si tu te sens un tout petit peu concerné, ami lecteur, merci de relayer.



Mercredi 21 mai 2008

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