"Le DMP est au point mort, mais je vais le relancer très vite. Il est impossible de mener une politique de santé dans ce pays, que ce soit en ville ou à l'hôpital, sans DMP" (Roselyne Bachelot, ministre de la santé, citée dans une dépêche Reuters)
Pour mémoire, le DMP c'est le Dossier Médical Personnel.
Au-delà du souvenir du premier carnet de santé, instauré sous le gouvernement Balladur, et qui n'a pas été un franc succès, et au-delà du piètre avenir que l'on peut prédire à son successeur, le DMP, j'aimerai vous faire part d'une petite réflexion sur ce sujet.
Imaginons que le DMP est effectivement mis en place. Chaque personne, patient potentiel, se voit doté d'un dossier médical contetant toutes les données le concernant, que ce soit les examens demandés avec leurs résultats, son traitement au long cours, ses antécédents médicaux et chirurgicaux, ses allergies etc. Tout celà est stocké dans un support à déterminer, que ce soit un dossier sur un serveur accessible aux professionnels de santé ou dans une puce sur la Carte Vitale. Le but affiché de l'opération est de permettre une diagsnostic plus facile et d'éviter les dépenses inutiles induites par des examens et prescriptions redondants.
Sur le principe, OK, très bien. Je reste un peu dubitatif quand même, ces mêmes grandes idées étaient déjà à l'odre du jour dans les années 90 lors du lancement du précédent Carnet de Santé, et je me souviens que mon toubib m'avait ri au nez lorsque je lui avait présenté le mien la première (et la dernière) fois, en disant "Que voulez-vous que j'en fasse ?".
Cependant, depuis cette expérience désastreuse, quinze ans ont passé, Internet et les réseaux sont arrivés dans nos vies, et le monde n'est plus le même qu'à la fin du siècle dernier. Et dès lors, une première réserve.
Je n'ai aucune confiance dans les discours rassurants sur la sécurité des données, je sais bien, par mon expérience professionnelle, combien il est facile d'accéder aux zones soi-disant protégées d'un système informatique pourtant réputé sûr.
Mais au-delà de ce débat sur la sécurité informatique, qu'est-ce qui va se passer lors d'un recrutement ? Oh, bien sûr, l'employeur n'aura pas le droit de demander au candidat le contenu de son DMP, ou son mot de passe pour y accéder. Evidemment, ce sera interdit par la loi, et le spromoteurs du DMP ne manqueront pas de nous le marteler. Mais combien de recruteurs se tiendront à cette règle, dans le secret de l'entretien ? Et au bout de combien d'entretiens d'embauche négatifs pour cause de refus de transmission du dossier un demandeur d'emploi craquera-t-il et fournira-t-il le précieux sésame ?
J'aimerais que l'on prenne un peu le temps de se poser ce genre de questions et d'ouvrir ce débat avant de se lancer dans un prjet de fichage généralisé de toute la population. Et qu'on sache un peu quel projet de société on veut. Pour ma part, j'ai déjà signé un papier par lequel je refusais que les données me concernant soient intégrées à l'expérimentation du DMP menée par ma Caisse d'Assurance Maladie, et j'invite chacun à en faire autant, tant qu'on a encore le choix.
Toujours aucune vidéo hardcore de Britney Spears ni de photos XXX de Paris Hilton sur ce blog.
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