Et comme je suis partageur, je vous en fait profiter. Je publie Camba parce qu'il m'envoie sa doc. Si d'autres m'envoyaient leurs textes, je les publierais probablement aussi, même si je me réserve le droit de choisir.



Paris le 17 juillet 2008



Cher(e) ami(e),

Tu trouveras ci-joint une charte qui résume nos positions et que j’envoie aux militants du Parti socialiste. Je tenais en t’en informer avant qu’elle ne paraisse, parce que je crois que dans ce moment complexe la transparence entre nous est indispensable. Le Parti socialiste vit un moment paradoxal, jamais les divergences idéologiques – programmatiques c’est autre chose – n’ont été si ténues et jamais la fragmentation n’a été aussi grande. 21 contributions générales c’est effarant… Plus personne ne comprend rien, les questions de personnes encombrent le débat. Et ceci facilite évidemment le travail des tenants de l’immobilisme. Il est donc de notre devoir de clarifier et de recomposer avec un grand esprit de responsabilité.

Je crois pour cela nécessaire de revenir à nos fondamentaux avant les alliances. Nous voulons une nouvelle majorité de travail. C’est le sens de cette charte…
Nous partageons la même volonté de construire une nouvelle majorité. Nous ne faisons pas de la candidature de l’un des nôtres au poste de 1er secrétaire, un préalable. A ma connaissance personne ne l’a fait. Depuis le 18 mai dernier et notre résolution unanime, nous voulons travailler avec Arnaud Montebourg et Martine Aubry.
Nous savons tous que Martine Aubry est la plus proche de nous. Nous avons tous perçu dans le texte de Gérard Collomb des préoccupations en résonance avec les nôtres. L’élargissement est nécessaire, nous le ferons.
Oui au dialogue avec Martine Aubry et bien sûr Gérard Collomb, voire d’autres, sur la base de nos principes.
Non au congrès pour rien ou à l’affrontement des présidentiables.
Nous n’avons pas vocation à nous subordonner à qui que ce soit. Nous avons en tête au-delà de ce congrès de gagner la présidentielle, même si nous savons que le socialisme ne se réduit pas à cela.  Nous voulons contractualiser et si possible gagner, pas seulement pour nous-mêmes, mais surtout pour le Parti socialiste. Nous savons que se joue en ce moment une partie de l’avenir du Parti socialiste. Et nous voulons aborder ce moment avec la hauteur de vue nécessaire. De grâce ! Laissons à la rue de Solférino combinaisons et anathèmes pour maintenir les mêmes en place.
Tentons donc de construire vite les rassemblements qui s’imposent avec Martine Aubry, voire avec Gérard Collomb, puis bâtissons un rassemblement majoritaire !

Amicalement,



Jean-Christophe Cambadélis

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Suivi de la Charte pour le renouveau, que voici :



CHARTE POUR LE RENOUVEAU  

 
La France a espéré. Elle s’est mise à douter. Elle est inquiète.

Un pays sans ressort, démobilisé par une politique du « toujours moins ». Un Président de la République « touche à tout » qui déstabilise tout et ne règle rien. Nicolas Sarkozy, après avoir tout promis, beaucoup annoncé, n’a que de piètres résultats.

Un pouvoir d’achat chaque jour plus rabougrit. Des prix chaque jour plus élevés. Les difficultés à se loger, à travailler dans la stabilité, une précarité qui galope, une école au seuil de la rupture, une croissance faible, une politique écologiste en trompe-l’œil. Les discriminations s’accentuent, les inégalités s’accroissent, les collecti-vités locales sont étranglées. Quant à l’insécurité, elle a quitté la Une des journaux mais elle est toujours présente dans les rues.  Et puis un Président de la République, satis-fait, qui provoque inutilement les grévistes avant de s’attaquer féro-cement au Code du travail.

Lentement la colère des français monte face à un quotidien de plus en plus difficile et un avenir sans visibilité.

La France se tourne vers la gauche. Les français voudraient trouver une alternative visible, simple et claire.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le PS et la gauche peinent à défricher un nouveau chemin.

Empêtrés dans les querelles d’hier, impuissantés par celles de demain, le PS et la gauche ne trouvent pas le ton juste entre préjuger d’hier et renoncement à demain.

Les couches moyennes se pau-périsent, les salariés se préca-risent, les exclus le sont chaque jour un peu plus, chacun galère comme il peut. La gauche, elle, semble rater le rendez-vous de l’espoir.

Le PS a besoin d’une nouvelle donne, d’un nouveau souffle, de perspectives nouvelles.

Le congrès du principal parti de la gauche, le PS, peut être une chance mais on sombre pour l’instant dans la fragmentation : 21 contributions générales, ce n’est pas le meilleur signe de bonne santé. Le PS consume son énergie dans un jeu de « Rubiscub » improbable pour des lendemains incertains. Il est urgent de tra-vailler à la recomposition du PS. Il est nécessaire de bâtir une nouvelle majorité pour imposer le renouveau.
 
 
Le PS ne peut s’embarrasser de faux débats. Parti de gouver-nement, il sait que l’on ne peut distribuer que si l’on produit. Il sait ainsi que la dette est l’ennemie de la redistribution. Il est unanime pour travailler à l’égalité réelle. Il est unanime pour le développe-ment durable. Il a,  dans la mon-dialisation, obligatoirement l’Eu-rope comme cœur de son projet.

Mais la vraie question qui doit requérir son imagination est la nouvelle question sociale. Les vrais défis sont ceux de la nouvelle phase de la mondialisation : la crise financière, la crise éner-gétique, la crise alimentaire.

La gauche ne peut reconstruire son dessein que si elle mobilise son énergie sur les réponses à ces questions. Le PS n’est pas un parti comme les autres. Son but n’est pas le pouvoir présidentiel pour le pouvoir mais la domestication éco-logique et sociale de l’économie de marché.

Le but du congrès ne peut être donc  la désignation du candidat à l’élection présidentielle, ni la recon-duction des mêmes équipes. Il faut changer ! Il faut muter !

A problèmes nouveaux, majorité nouvelle mais aussi modes de tra-vail renouvelés.

Le PS a besoin d’une grande mu-tation pour bâtir l’alternative et réunir les gauches. Il ne peut en rester à l’immobilisme délétère et à la présidentialisation mortifère.
 


Pour cela il faut bâtir une nouvelle majorité du PS autour d’idées simples :

Face à la présidentialisation :
- Des primaires organisées par le PS.
 

Face à l’immobilisme :
- Des réponses claires aux Français, tranchées par les adhérents en conventions thématiques.
- La préparation du nouveau programme commun de la gauche.
- La perspective du parti de toute la gauche.

Face à la reconduction des mêmes équipes :
 
- Une nouvelle gouvernance du PS rajeunit et solidaire, ramassée.
- Un leadership de travail : travailler les réponses, travailler avec les acteurs sociaux, travailler avec nos partenaires.
- Une nouvelle animation nationale du parti : retour des responsables au militantisme de terrain, meetings, réunions, débats, campagnes nationales.
- Un nouveau parlement du parti, votant sur le rapport d’activités, le rapport financier et l’orientation. Un nouveau parlement qui ait la maîtrise, le contrôle et l’impulsion de la vie collective des socialistes.


Jean-Christophe Cambadélis – 17 juillet 2008




Vendredi 18 juillet 2008

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